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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 18:23
L'écharpe merveilleuse

A vous, Annie qui me demandiez d'où venait mon inspiration et à qui j'ai répondu : " de mon quotidien".

A vous, Monique, qui m'avez donné bellement votre version du conte "Un curieux instrument" tiré de mon livre "La légende du violon noir".

A vous, toutes et tous qui m'avez si grandiosement accueillie ce vendredi 17 avril à Clermont-Ferrand, à la Librairie Les Volcans, enfin ressuscitée par des libraires courageux et motivés.

A vous, fidèles lectrices et lecteurs de ce blog.

Un conte, écrit rapidement, deux jours après cette rencontre.

Je tiens à remercier encore toutes les personnes présentes ce jour.

Je porterai souvent, et toujours en pensant à vous, la belle écharpe que vous m'avez offerte.

Voici donc cette histoire que je retravaillerai peut-être... parce que jamais il ne faut dire jamais.

A suivre...

Ophélie avait musardé longtemps dans le jardin musical où tintinnabulaient les clochettes des campanules. Les trompettes des jonquilles et la voix légère des primevères l'avaient bercée d'une mélodie aux accents jazz.

Enfin, elle s'était décidé à pénétrer sous le couvert de la forêt, attirée par les murmures qui s'en échappaient.

Elle avait suivi le sentier qui s'était noyé dans un enchevêtrement de livres dressés, tous plus hauts les uns que les autres, curieuse de découvrir ce que renfermaient tous ces volumes.

Bientôt vint l'heure où les phrases s'envolent, où l'obscurité envahit les lieux, Ophélie réalisa alors qu'elle ne connaissait pas le chemin du retour.

Il devait être tard, mais le temps avait-il la même valeur ici, n'avait-il pas seulement l'importance que l'on voulait bien lui accorder ?

Toute à ses réflexions, elle ne vit pas surgir du livre le plus proche un ogre affamé, remarquez bien qu'un ogre est toujours affamé... eh bien, figurez-vous que celui-ci, aussi terrifiant qu'il pût être, n'avait pas du tout faim. Il était même aussi faible et aussi doux que l'agneau qui vient de naître, il était perdu, tout comme Ophélie, dans cette jungle sauvage.

Lorsque la fillette vint buter contre sa grosse jambe et qu'il la découvrit, il se mit à trembler et à pleurer.

Passé le réflexe de la fuite, la visiteuse considéra avec étonnement ce gros homme. Bien vite trempée et dans le souci d'éviter l'inondation, elle lui fit raconter ses malheurs.

Ne sachant pas lire, il ne pouvait retrouver son histoire et donc sa place dans cette jungle de pages qu'une brise légère agitait maintenant, libérant les personnages qui peuplaient tous ces récits. Je vous laisse sans peine imaginer l'agitation occasionnée par cette libération. Certains allaient solitaires, d'autres par bandes, silencieux ou bruyants, bref un grand charivari comme il s'en déroule dans nos bibliothèques et nos librairies, à la minuit, bien loin de nos regards.

Dans ce tumulte, Ophélie et l'ogre déambulaient. Devenus amis, ils passèrent ainsi un fol instant, jusqu'au moment où les phrases regagnèrent leur place, à tire d'ailes et où chacun retrouva son histoire. Ils restèrent tous les deux, impuissants puisque ne sachant lire ni l'un, ni l'autre.

Le géant, assis au milieu des livres fermés, recommença à se lamenter. La fillette, désemparée, restait silencieuse.

N'oublions pas que nous sommes dans un monde où tout est possible, il suffit de laisser aller son imagination.

Ou presque, ce n'est certes pas l'avis des scientifiques et autres savants qui peuplent certains ouvrages, quoi que... ils ont certainement, tout au fond d'eux, la petite voix de l'enfance qui chuchote. Bref, l'un m'empêchant pas l'autre, revenons à notre histoire.

Une lourde couverture grenat pivota et une drôle de petite bonne femme en surgit. Sautillant, elle s'approcha des deux amis.

Sans rien dire, et parce qu'elle était fée, elle mit au cou d'Ophélie une écharpe merveilleuse, grâce à laquelle, instantanément elle sut lire.

Rapidement, elle retrouva l'histoire de l'ogre qui, après moult remerciements, regagna les pages de son livre.

Ophélie se régala, piochant sans modération dans tous ces ouvrages jusqu'à sa rencontre avec un lutin malicieux qui subtilisa l'écharpe merveilleuse et disparut.

La fillette pleura amèrement.

Dans son désespoir, elle ne vit pas la drôle de petite bonne femme, perchée au sommet d'un gigantesque volume, qui dirigea sur elle un rai de lumière, caressant son front comme la main de sa maman lorsqu'elle était malade ou qu'elle avait un gros chagrin.

Séchant ses larmes, elle sauta sur ses pieds pour suivre le rayon lumineux qui la conduisit à l'orée de la forêt.

Avant de la quitter, elle se jura de revenir, oui, mais cette fois elle saurait lire... et c'est ainsi qu'Ophélie décida enfin d'apprendre.

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Published by Pascale Blazy
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