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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 20:33

 

Une nouvelle enquête de cette chère Clarisse aux éditions Créer

 

Quand à Manadieu, on retrouve Ludovic assassiné dans son salon, tous les regards se tournent vers l’ex-épouse, victime de violences conjugales. Clarisse, pas du tout convaincue, se lance dans la bataille, bien décidée à prouver l’innocence d’Élise.

 
EXTRAIT

Une chape de plomb pesait sur cette rencontre.
Le dialogue retomba brusquement devant la détermination des interlocuteurs.
Il s’approcha de la fenêtre pour reprendre son souffle lorsque, soudain, une douleur fulgurante lui vrilla la tête.
Il vacilla, tituba les bras ouverts comme un funambule, avant de s’écraser près de la table basse.
Un rideau rouge voila la scène, puis ce fut le trou noir.

Samedi
Le joli mois de mai, avec ses ponts à foison, avait permis aux Tricoteuses de se rassembler à « La Villégiature » pour le repas annuel de l’association.
Réunissant quinze participantes, au grand soulagement de madame Brun qui redoutait toujours d’être treize à table, ce repas se voulait amical, tout comme les réunions hebdomadaires du club.
Il y avait maintenant sept ans qu’elles se retrouvaient dans une salle communale pour tricoter. L’association avait vu le jour à l’initiative de Josette et Catherine, la présidente et la trésorière. Tout avait commencé quand les deux amies avaient offert quelques-unes de leurs créations au profit du téléthon et qu’elles s’étaient relayées toute une journée pour réaliser la plus longue écharpe possible, à un euro le rang. Ainsi, elles avaient donné envie de tricoter à plusieurs jeunes femmes. Clarisse leur avait ouvert les portes de la médiathèque pour exposer leurs travaux, ainsi que pour des démonstrations. Elle avait mis à disposition, avec l’aide de la bibliothèque départementale, une grande quantité de livres sur le sujet. Le virus du tricot s’était propagé, madame Brun avait proposé des cours de crochet, entraînant avec elle madame Bonnet, institutrice en retraite, qui excellait dans le jacquard et le point de croix. Ainsi, ces dames oeuvraient tous les mercredis soirs. Clarisse était un peu moins assidue, elle se rendait de façon très sporadique aux rendez-vous.
Alors qu’elles achevaient de manger le fromage, l’adjudant-chef Marchand fit irruption dans la salle à manger. Son képi vissé sur la tête et sa mine grave confirmèrent à Clarisse qu’il était en service. Après un bref bonjour, il se dirigea tout droit vers Élise.
– Madame, si vous voulez bien me suivre, j’ai quelques questions à vous poser.
La jeune femme blêmit.
Aussitôt Clarisse se leva et vola à son secours.
– Attends André. Est-ce si pressé ?
– Madame Arto, je vous demanderai de rester en dehors de cette affaire.
– Tu plaisantes André ?
– Nullement. Madame Delaunay va me suivre au poste et...
– Que se passe-t-il ? insista Clarisse, en le prenant par le bras.
– Pas de familiarités, s’il vous plaît. Je suis en service, répondit le gendarme, en repoussant la bibliothécaire.
– Parfait, alors je viens avec elle.
Sans attendre de réponse, elle prit son sac et s’en alla donner le bras à Élise, de plus en plus pâle.
Elles quittèrent la salle à manger dans un silence de mort.
Assise dans le bureau de l’adjudant-chef Marchand, Élise attendait de connaître les raisons de cette interpellation.
De l’autre côté de la porte, le gendarme discutait ferme avec Clarisse qui ne comprenait pas pourquoi elle ne pouvait pas rester aux côtés de son amie.
Fulminant de rage, elle finit par aller s’asseoir sur le banc dans l’entrée. Résignée ? Ce serait mal connaître la bibliothécaire intrépide. Tandis qu’André conduisait son interrogatoire, elle s’en irait l’air de rien, bavarder avec le gendarme à l’accueil.
– Bien, dit l’adjudant-chef, en s’installant derrière son bureau et en plaçant ses grosses lunettes sur son nez. Ce qui, en général, amusait beaucoup Clarisse. Lui un peu moins, elles lui rappelaient que le temps passait. Voyons, madame, pouvez-vous me dire ce que vous avez fait ce matin ?
– Je ne comprends pas, répondit-elle d’une voix blanche, que me reproche-t-on ?
– Mais rien du tout, contentez-vous de répondre à ma question.
– Je me suis levée vers huit heures trente, j’ai pris mon petit déjeuner dans la salle à manger de « La Villégiature » où je suis en pension pour quelques jours. Je suis ensuite remontée dans ma chambre un moment, j’ai lu. Vers dix heures, dix heures trente, je suis allée me promener. Vers onze heures trente, je suis revenue dans ma chambre pour me changer, nous nous étions donné rendez-vous vers midi pour le déjeuner. Lorsque je suis descendue Paulette Brun et Clarisse étaient là, les autres sont arrivées presque aussitôt.
– Parfait, dit Marchand en se renversant dans son fauteuil. Maintenant, j’aimerais savoir où vous êtes allée vous promener.
[...]
 
 
Disponible en version papier mais aussi en numérique
 
Belle lecture ! 
 
 

 

 

 

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