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La tour du dragon 2 (fin)

20 Juillet 2018, 21:47pm

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Publié par Pascale Blazy

A mon approche, le chevalier noir se redressa, brandissant Flamme.

Sans crainte, j’avançais.

Face à face, immobiles, à la lueur dansante de la chandelle, nous nous contemplions avec stupeur, découvrant notre double. Le même corps frêle, le même visage pâle, les mêmes yeux noirs scrutateurs, la même bouche gourmande, les mêmes cheveux de jais.

Sous la chemise du chevalier, je distinguais une protubérance légère, des seins fermement maintenus par un bandage. Le chevalier était une jeune femme ! 

Nous nous observions, doutant de cette rencontre. Elle était le héros de l’histoire et moi la lectrice. Pourtant, nous étions réunies et si semblables. 

Foudre hennit.

Tenant fermement Flamme, le chevalier noir sortit.

Un  loup hurla dans le lointain.

La lande paraissait calme.

Tendu, tous les sens en éveil, il restait en travers de la porte.

Lorsque les nuages libérèrent la lune, confirmant l’absence d’intrus, il se détendit et revint à l’intérieur.

J’attendais pelotonnée près du bouclier.

  • A l’aube, nous partirons, dit-il sèchement.

Puis il s’allongea et s’endormit profondément.

J’essayais de l’imiter, mais mon sommeil était chaotique.

Les confidences de ma compagne de chambrée m’avaient émue. Elle était la fille de Dragon d’or. Protégée du massacre par une servante, alors qu’elle n’était qu’un nourrisson et que Dragon Rouge fomentait son coup d’état. Elle avait grandi à la campagne, dans la sobriété et à l’abri du tyran. Quand elle avait appris la vérité sur sa naissance, elle s’était sentie investie d’une mission et avait pris les armes. Sa longue quête avait commencé et n’aurait de cesse qu'à la libération de son père et à l'extermination de l’usurpateur. Il émanait de son récit une telle souffrance et une telle sincérité que je n’hésitais pas une seconde, lorsqu’elle me demanda, de l’accompagner dans sa tâche.

Je l’écoutais respirer calmement, tentant de calquer mon souffle sur le sien, parfois elle murmurait quelques mots. M’assoupissant de courts instants, je m’éveillais chaque fois en sursaut, des images de combats et de désolation dans la tête. Dragon Rouge semait le malheur et la terreur sur son passage. Sa puissance était telle que personne n’avait osé entraver sa route.

Les projets du chevalier noir semblaient voués à l’échec, pourtant je ne doutais pas un instant qu’en nous unissant nous parviendrions à chasser l’usurpateur.

Aux premières lueurs de l’aube, la jeune femme reprit sa carapace de chevalier noir.

Fouillant dans son bissac, il me tendit des braies, puis lorsque je les eus enfilées, il déchira ma chemise pour la raccourcir. Il me prit par la main, nous sortîmes.

Foudre nous attendait placidement devant la cabane. Il s’approcha de son maître qui grimpa sur son dos. Tendant la main, il me hissa derrière lui.

Chevauchant ainsi, nous quittâmes enfin la lande pour une étendue désertique. Les sabots de Foudre, s’enfonçant dans le sable, ralentissaient notre progression.

Une tour pointait à l’horizon. C’était là que nous allions. 

Le jour, la chaleur extrême nous enveloppait jusqu’à la suffocation. Le soleil brûlait nos visages et nos mains. La soif et la faim nous taraudaient.

Courageusement, notre cheval nous portait, parfois nous marchions à ses côtés.

Dans le lointain, la tour nous narguait, elle s’éloignait à mesure que nous progression.

La nuit, le froid intense nous obligeait à nous blottir l’une contre l’autre à même le sable, veillant à tour de rôle, au clair de lune. Foudre mâchonnait quelques rares brins d’herbe desséchée. C’était lui qui nous avait montré comment humecter notre bouche en léchant les perles de rosée au petit matin.

Malgré tout, nous poursuivions notre quête.

Le jour, de sa puissance et de sa détermination, mon compagnon annihilait ma faiblesse et mon envie de renoncer.

La nuit, nous étions deux sœurs. Sa voix douce, alors, me contait les gloires et les malheurs de Dragon d’or, le souverain juste et bon, violement détrôné et emprisonné par Dragon Rouge, vil monarque.

En appelant aux puissances maléfiques, il avait fait édifier cette tour, en plein désert, ruinant tout désir d’évasion et éloignant toute tentative de délivrance. Il l’y avait  enfermé sous bonne garde.

Deux dragons noirs tournoyaient sans relâche au sommet. Ceux qui rencontraient leur regard étaient transformés en pierre.

L’accès à l’édifice paraissait libre, un escalier en colimaçon conduisait à l’unique salle circulaire, tout en haut, seulement un colosse armé d’une hache en barrait l’entrée.

 

Lorsque nous parvînmes enfin au pied de la gigantesque tour, nous descendîmes de cheval. Instinctivement, nous nous collâmes contre la muraille, espérant profiter d’ombre et de fraîcheur, mais le soleil était omniprésent et les pierres brûlantes. 

Le chevalier noir me tendit son bouclier et Flamme, m’intimant l’ordre de grimper tout en haut afin d’affronter le colosse, tandis qu’il attirerait l’attention des dragons pour les neutraliser.

Sans réfléchir, je commençai l’ascension. Marche après marche, le bouclier paraissait plus pesant, quant à l’épée, elle luisait, éclairant faiblement mon chemin. Perdue dans les ténèbres et le froid, j’avais la curieuse sensation d’être épiée par des millions d’yeux plaqués contre la muraille.

Eprouvée, je fis une halte pour reprendre souffle. Cherchant l’appui du mur, mes doigts glissèrent sur la paroi glacée, suintante d’humidité. Je frissonnai à l’idée d’y plaquer mon dos.  M’asseoir sur une marche me parut impossible, rester immobile me coûtait autant que de reprendre l’ascension, ce que je fis aussitôt.

L’impression que les marches se multipliaient sous mes pas gagna mon esprit, pourtant, après de longs efforts, j’arrivai au sommet. 

Le colosse était debout, barrant de sa carrure gigantesque l’accès étroit qui ouvrait sur la salle circulaire, où je devinais une forme humaine recroquevillée sur le sol. 

Le gardien s’avança, déployant sa musculature et brandissant sa hache. Par réflexe, je m’accroupis à l’abri du bouclier, essayant de maintenir fermement Flamme dans ma main vacillante. 

Je tentais de me persuader que seul le froid était à l’origine du tremblement qui agitait tout mon corps.

Rugissant, il assena un violent coup à l’écu que je lâchai.

Alors qu’il levait son arme, je fermai les yeux attendant le coup fatal. Flamme se mit à grésiller et, quittant ma main, s’en alla se planter dans le flan de mon assaillant, lui infligeant une mort instantanée. Puis, ruisselante de sang, elle franchit la porte et pénétra dans la salle circulaire, lourdement suivie par le bouclier.

Aussitôt, la silhouette allongée se dressa et s’en saisit.

L’homme se métamorphosa en dragon aux écailles d’or.  L’animal, battant des ailes, s’élevait lentement vers la voûte qui, brusquement, fut pulvérisée. Éblouissant de soleil, le dragon resplendissait, renvoyant, tel le bouclier de Persée l’avait fait des regards de Méduse, le regard paralysant des dragons noirs. Victimes de leur pouvoir, ils s’immobilisèrent en pleine course avant de retomber en une pluie de cendres. 

Dès lors, libéré, Dragon d’or se posa près de sa fille et reprit son apparence d’homme, tandis que la voûte se fermait assombrissant la salle circulaire.

Abasourdie, je n’eus pas le temps de fuir, un panneau de bois coulissa, obturant la porte.

Alors, j’entendis la voix du cavalier noir murmurer : « l’un chasse l’autre ».  Ces quelques mots, balbutiés pendant son sommeil, prenaient alors tout leur sens. 

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La tour du dragon 1

20 Juillet 2018, 21:20pm

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Publié par Pascale Blazy

Cette nouvelle fut écrite et envoyée pour participer au concours du magazine Lire et Librinova.

Elle n'a hélas pas été retenue. Bien placée cependant sur les plus de cinq cents proposées. 

Je vous ne souhaite une lecture agréable. 

La tour du dragon

 

C'est en ouvrant ce livre que tout commença, dès les premières lignes, je sus que je ne le lâcherais plus. Déjà à la prise en main, quand son auteure me l'avait tendu en souriant – cadeau pour la médiathèque – l'envie de l'ouvrir m'avait saisie. Toute la matinée, posé sur mon bureau, il m'avait narguée. Même après que je l'eus placé dans un tiroir, j'avais continué d'y penser. Ce fut donc sans hésiter que je le glissais dans mon sac pour l'emporter chez moi.

Maintenant, le premier chapitre achevé, je marquai une pause. Je le considérai, là, ouvert sur mes genoux. La prise de contact avec le héros, chevalier noir pourfendeur d'injustices, m'enchantait.

A la Robin des bois, entouré d'une bande, il pourchassait les sbires de l'usurpateur, Dragon Rouge.

En professionnelle du livre, instinctivement, je m'interrogeai sur le classement de cet ouvrage. Roman ou Science-Fiction ? L'auteure avait créé un monde et s’appuyait sur l’univers médiéval. Fantasy. Donc, plutôt Science-Fiction, oui, mais moins empruntée que les romans. Alors ?

Depuis toute petite, je voue une véritable passion à la lecture et tout naturellement, j'en ai fait mon métier. Bibliothécaire dans une commune rurale, je gère la médiathèque, accompagnée par une collègue qui partage son temps entre le service de lecture et le secrétariat de l'Office de Tourisme.

 

Grignotant un croque-monsieur, je repris le livre. 

C'était le premier roman de cette jeune femme au sourire énigmatique qui était arrivée, le matin même, à la médiathèque. L'échange avait été bref, les lecteurs étaient nombreux à la banque de prêt et j'étais seule à l’ouverture.

Deux lignes de biographie sur la quatrième de couverture, aucune trace de Laura Bergen sur internet, du moins correspondant à ce profil. Blonde, cheveux longs, visage fin, yeux clairs, j'hésitais entre le bleu et le gris, grande et mince, auteure de « La tour du dragon ». Le livre n'était répertorié nulle part. Pas de maison d'édition. Publié à compte d'auteur, probablement. Je me méfie de ces publications, toute personne disposant d'un petit pécule peut faire imprimer son texte, charge à elle de le distribuer. Je demanderai aux collègues si elles ont eu la même visite que moi. 

En attendant, j'avais bien envie de connaître la suite. 

 

 Caracolant sur son fier destrier, le chevalier noir arriva à l'orée de la forêt d'épines. Les branches des ronces enlacées dardaient leurs piques acérées, gardiennes du passage. Promptement, le cavalier sauta de sa monture, cherchant une trouée. Infranchissable était le bois. Tellement vaste que le contournement en était impossible.

Abandonnant Foudre son cheval et, au risque de finir empalé, il s'aventura pourtant entre les premiers troncs. Rampant, il progressait lentement. Des escarbilles se fichaient dans ses membres, perçant ses chausses et ses gantelets de cuir.

Au prix d'interminables efforts, il parvint alors au cœur du bois où s'ouvrait une clairière.

C'était ici qu'avait trouvé refuge le petit peuple, fuyant les hommes et leurs travers. On les disait morts, anéantis par l'armée de Dragon Rouge.

A son approche, les lutins s'éparpillèrent avant de se regrouper prudemment, derrière celui qui devait être le chef. C’était un petit homme  replet, à la mine joviale.

En forme d'allégeance, le chevalier demeurait allongé.

Craignant une ruse, les lutins campaient sur leur position.

Un murmure agita la foule qui se fendit pour livrer passage à une femme aux cheveux blancs hirsutes, portant une canne surmontée d’une boule d’argent. Elle s’avança vers le visiteur, suivie par le chef sautillant. Son bâton planté dans le sol moussu, elle agita les mains au-dessus du globe et se mit à psalmodier dans une langue inconnue. 

 

Suivait toute une digression sur la violente prise de pouvoir par Dragon Rouge et sur tous les malheurs qui s'étaient abattus sur le peuple, enfin était évoqué l'espoir d'un sauveur.

 

Le peuple recueillli attendait le verdict.

La vieille femme sortit de transe pour proclamer la venue du sauveur.

Alors la méfiance fit place à la confiance et tous acclamèrent le chevalier noir. 

On entendit alors le grondement des roues d’un char, tracté par des lutins. La foule se scinda en deux pour lui faire place et, lorsqu’il se fut immobilisé,  forma un cercle autour.

Le chef s’avança et symboliquement désigna l’épée étincelante qui y était posée. C’était Flamme, l’épée de Dragon d’or, sauvée des griffes de l’usurpateur.

Le chevalier noir se leva lentement, s’en saisit et la brandit vers le ciel.

Un éclair fulgurant vint frapper sa pointe, suivi d’un roulement de tonnerre, adoubant le chevalier redresseur de torts.

Alors, les ronces s'écartèrent, libérant un chemin qui traversait de part en part la forêt. Foudre rejoignit son maître et chevauchant à vive allure, ils quittèrent le bois. 

 

Cette histoire était assez banale, mais bien racontée. L'auteure savait ménager le suspense et attiser la curiosité du lecteur. Peut-être conviendrait-elle à un public d'adolescents ?

Je plaçai un marque-page et fermai le livre. 

Sa couverture était on ne peut plus sobre : sur un fond noir le titre et le nom de l’auteure étaient écrits en lettres rouges, aucune illustration. La quatrième de couverture était dans la même lignée, le résumé très succinct et la biographie encore davantage.  A moins de faire un peu de médiation, qui irait vers cet ouvrage ? Les lecteurs sont assez sensibles à l’ « emballage » et les éditeurs le savent bien. 

Rapidement, je ramassai les reliefs de mon dîner et je filai à la salle de bain me préparer pour la nuit.

Calée contre deux oreillers, bien au chaud sous ma couette, je repris ma lecture.  

Les eaux sombres du fleuve glissaient silencieusement. Aucun pont n’en permettait le franchissement.

Le chevalier noir descendit de cheval et avança vers le passeur assis sur la berge.

  • Je t’attendais. Allons, murmura-t-il, en se levant péniblement. 

Saisissant Foudre par la bride, il le fit monter sur le bac, puis invita le cavalier à le rejoindre.

Une fois les amarres détachées, le passeur sauta prestement sur l’embarcation et se mit à manœuvrer avec une perche.

La métamorphose de ce vieillard voûté, devenu soudain un homme puissant, était des plus surprenante.

Rapidement, ils furent au milieu du fleuve. Le bac s’immobilisa. L’homme, la main sur la perche, semblait pétrifié, les yeux rivés au ciel.

Ce fut alors que l’eau devint claire, une lumière rosée montait des profondeurs. Jaillissant de l’onde, une femme nue apparut juchée sur un bouclier soutenu par des bras tentaculaires. De ses yeux mauves, elle fixait le voyageur, puis brusquement, elle plongea dans l’eau transparente, son corps bleuté filait souplement vers le fond, ses longs cheveux parme ondoyaient.

Alors, les bras s’élevèrent au-dessus de l’élément liquide pour tendre le bouclier au passager. Dès qu’il s’en fût saisi, le fleuve reprit son aspect initial.

C’était un bouclier d’acier, sans fioritures, marqué au centre de l’empreinte d’une patte de dragon, la même que celle gravée sur le pommeau de l’épée.  Léger et pourtant épais, il se maniait avec aisance, offrant cependant une protection efficace.

Le passeur sortit de sa torpeur et manœuvra en direction de la rive.

Des  algues et des herbes aquatiques freinaient la progression de l’embarcation. Elle accosta enfin au milieu des roseaux. Le voyageur sauta sur la terre ferme. La descente de Foudre fut plus laborieuse.

Lorsqu’il se retourna pour saluer le passeur, le fleuve avait disparu. Une lande désolée, où fleurissaient timidement quelques bruyères, s’étalait autour de lui. 

 

Je fis une pause pour aller boire un verre d’eau à la cuisine. Je n’avais pas du tout envie de dormir, malgré l’heure avancée de la nuit. Cette histoire emplissait mon esprit, je devais aller au bout ! 

 

Grimpé sur son cheval, il partit droit devant.

Quelques rares rongeurs fuyaient sur son passage, gagnant en hâte leur terrier.

Le morne paysage s’étendait à l’infini. L’horizon semblait une ligne éternellement figée.

A la tombée du jour, son regard chercha un abri. Une cabane de pierres sèches retint son attention.

Petite et vétuste, mais malgré tout hospitalière, elle serait un parfait refuge pour un voyageur fatigué.

Foudre laissé à l’extérieur, le chevalier noir pénétra dans l’habitacle aveugle. Inutile de chercher à fermer la porte, il n’y en avait pas.

Dans l’obscurité, il ôta sa cuirasse en épais cuir brun, massa ses membres endoloris par ce long voyage et s’étendit à même le sol pour chercher le repos.

Devant l’entrée, Foudre hennit faiblement.

 

Mon cœur se mit à battre la chamade. C’est à ce moment précis que je me sentis happée.

J’étais la jeune femme en robe blanche qui pénétrait dans la cabane de pierres, un lumignon à la main. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mon nouveau roman dans la presse

16 Juillet 2018, 20:09pm

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Publié par Pascale Blazy

 

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Présentation à la médiathèque Emile Deribier de Saint-Paulien

16 Juillet 2018, 19:54pm

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Publié par Pascale Blazy

Samedi 21 avril 2018

 

 

Très étrange de présenter son livre dans la médiathèque où l'on travaille et où on a l'habitude d'inviter des auteurs et des artistes... 

 

Très émouvante matinée.

 

Merci à toutes celles et à tous ceux qui étaient là ! 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à Annick et Philippe pour ces délicieux couteaux de Thiers...

 

Merci à eux pour la promenade au Musée de la Coutellerie où j'ai découvert l'arme du crime

 

 

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