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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 17:28
Game over

Trente minutes de retard !

Le froid était terrible. Antoine releva le col de son manteau. Il avança à petits pas dans la grisaille de ce matin de janvier et entra au café.

La salle était déserte.

  • Salut Antoine ! Un p’tit noir vite fait ? T’es en retard aujourd’hui.

Comme au bon vieux temps…

  • Oui, non…

Antoine regarda sa montre : huit heures cinq.

Installé sur le tabouret du bar, sa mallette à côté de lui, il ôta ses gants, les mit dans sa poche. Ses doigts rencontrèrent quelques pièces de monnaie, il fit l’appoint sur le comptoir. Lentement, il déplia le sucre, regarda les morceaux se noyer dans le liquide sombre et fumant et tourna le breuvage avec la petite cuillère. L’œil rivé à sa montre, il sirotait son café.

Raymond débarrassait les tables du coup de feu de sept heures quarante-cinq. Un groupe d’étudiants bruyants entra et s’installa près de la vitre. Antoine les suivit des yeux, se souvenant de l’époque où, lui aussi, passait de longues heures au café. Il s’y arrêtait déjà le matin, toujours à la bourre : un petit noir, pris à la hâte, était son petit déjeuner. Dans la journée, il revenait avec les copains pour d’interminables discutions. Ils refaisaient le monde.

Antoine regarda sa montre, le temps s’étirait lentement. Il avait l’impression, ce matin, de vivre au ralenti. Il s’était dit qu’à huit heures quinze, il quitterait le bar.

Il remit ses gants avec soin, remonta son col, salua Raymond et sortit.

 

Le froid le saisit.

A pas comptés, il s’engagea dans la rue. Il dévisageait les passants, ne reconnaissant personne. Quelques travailleurs attardés marchaient d’un pas vif, mais ce n’était pas la presse du matin avant huit heures. Sous les abribus les collégiens et les lycéens avaient cédé la place à quelques ménagères matinales avec leur cabas. Des mamans avec leurs tout-petits commençaient à pointer le nez sur les trottoirs.

Antoine s’arrêta devant le kiosque à journaux. La marchande, emmitouflée dans ses châles multicolores, le salua.

- Tiens, vous êtes là ! Vous êtes drôlement en retard ce matin. Je vous croyais enseveli sous vos couvertures avec la grippe. Ils l’annoncent tous, dit-elle en montrant les quotidiens.

Il prit le temps de lire les gros titres, feuilleta même une ou deux revues. La marchande le regardait du coin de l’œil, un peu étonnée par ce revirement de comportement, lui habituellement si pressé.

D’un pas pesant, Antoine s’éloigna, « Le Monde » sous le bras.

Quand il arriva sur le trottoir du boulevard, il marqua un temps d’arrêt, juste en face de son bureau et fixa la grosse horloge sur le mur au-dessus de l’abribus. Les aiguilles indiquaient huit heures vingt-neuf. Il vérifia sa montre et chercha du regard un camion bleu.

Aucun véhicule en vue.

Pétrifié, il scruta à nouveau l’horloge, puis ferma les yeux, son rêve récurent défila sous ses paupières : huit heures, il traverse le boulevard pour se rendre à son travail comme chaque jour. Un camion bleu le pulvérise.

Antoine ouvrit les yeux, aspira une bonne goulée d’air froid. La pendule affichait huit heures trente. Il vérifia à nouveau sa montre, regarda à gauche, à droite. Rien. Il traversa rapidement et s’engouffra dans l’immeuble. Après un bref salut à la collègue à l’accueil, il appela l’ascenseur et gagna le troisième étage.

 

Priscilla, sa fidèle secrétaire, toujours vêtue au dernier cri, l’accueillit, son agenda à la main. Elle venait de téléphoner chez lui pensant qu’il était souffrant.

Pénétrant dans son bureau, la sémillante Priscilla sur les talons, il accrocha son manteau au cintre prévu à cet effet et dévoila ainsi son impeccable costume de cadre d’entreprise. Installé dans son fauteuil, il écoutait distraitement la litanie des rendez-vous de la journée que lui distillait sa secrétaire, les yeux rivés à la pendulette posée devant lui.

Quand enfin elle se tut, il lui demanda gentiment si elle pouvait les annuler, il ne se sentait pas très bien ce matin.

Avant de sortir, Priscilla lui proposa une boisson chaude. Il demanda un thé. Elle fut un peu surprise, lui qui ne jurait que par le café. Elle éprouvait une profonde amitié pour son jeune patron, ils étaient arrivés presque en même temps dans l’entreprise.

Antoine but son thé debout devant la fenêtre. Il avait vue sur le passage pour piétons, l’abribus et la grosse horloge qui marquait maintenant neuf heures trente.

 

Antoine descendit au premier étage.

Arrivé dans l’immense salle où étaient testés les jeux électroniques que commercialisait l’entreprise, il se dirigea directement vers Jérôme. Il était le seul à qui il pouvait parler de son rêve, toujours le même depuis une semaine. Jérôme repoussa le pupitre de jeu et sourit à Antoine.

  • Le dernier « Monstermad » est trop super, on va cartonner avec ça !

Tu veux essayer ?

Jérôme commençait déjà à se lever pour céder la place à son collègue qui n’était pas le dernier à aimer tester ces petites merveilles, mais celui-ci tourna les talons et s'enfuit.

 

Dans l’incapacité de se concentrer, le regard happé par l’extérieur, Antoine était hanté par son rêve : Il s’éveille, son radio-réveil marque : 20 janvier, six heures quarante-cinq. Il se prépare et se retrouve dans la rue devant son bureau. L’horloge indique huit heures. Il s’engage pour traverser. Un camion bleu le pulvérise.

Priscilla frappa discrètement à la porte.

  • Faut-il vous commander quelque chose pour le déjeuner ?

  • Non… Oui, une salade et une bouteille d’eau. Merci.

 

Antoine avait l’habitude de ces repas pris en solitaire devant des dossiers. Il s’obligea à manger ce qu’il avait demandé. Il mastiquait lentement. Le temps qui passait l’éloignait encore un peu plus du camion bleu.

Il ouvrit un épais classeur et décida de rattraper la matinée perdue. Il sombra dans le travail.

A dix-sept heures, Priscilla vint le saluer, lui récapitula les appels téléphoniques de la journée qu’elle avait filtrés, déposa un paquet de messages et lui rappela le rendez-vous important du lendemain, 21 janvier.

Quand elle fut partie, il regarda l’agenda. Comment avait-il pu oublier ? Il décida d’emporter les dossiers chez lui, il voulait revoir chaque pièce en détail, ce marché était trop important pour le laisser filer. Il ouvrit sa mallette y entassa tout ce dont il avait besoin et rejoignit son appartement.

 

En pyjama, il s’installa à sa table de travail, vida son attaché-case et se mit à la tâche. A dix-huit heures trente, la faim le poussa à la cuisine, il se prépara un plateau repas et retourna à son étude.

Il travaillait d’arrache-pied, ne laissant rien au hasard.

Soudain, il s’aperçut qu’il lui manquait la chemise rouge renfermant des informations de la plus haute importance. Bien sûr, il se souvenait, il l’avait laissée dans le tiroir de droite. Il la lui fallait absolument.

Vite rhabillé, il vérifia qu’il avait son trousseau de clefs et fonça jusqu’au bureau.

La température avait encore chuté.

Tout en marchant, il continuait de travailler, il connaissait bien cette affaire. Il imaginait les arguments qu’il pourrait développer pour faire basculer la décision en faveur de l’entreprise.

Il arriva bientôt sur le trottoir en face de l’immeuble.

 

Fredo avait pris un retard considérable dans ses livraisons de légumes, pensez donc, ce foutu camion qui n’avait pas démarré ce matin. Une journée pour le réparer ! D’accord, avant de partir, il s’était tout de même accordé une petite demi-heure dans les bras de Lucette, au milieu des choux fleurs. Lucette, c’était la patronne, c’était elle qui faisait tourner la boutique. Le vieux, son mari, restait derrière son bureau à aligner les chiffres.

Fredo avait hésité un moment : le périf ou la ville ? Une petite entorse à la règle lui ferait gagner du temps. Les camions n’étaient autorisés dans le centre que le matin très tôt pour les livraisons.

Fredo s’engagea donc côté ville, ne regrettant pas son choix, avec le froid qu’il faisait les rues étaient désertes. Il bifurqua et attaqua le boulevard, pied au plancher.

 

A ce moment là, Antoine, préoccupé par le rendez-vous du lendemain, descendait du trottoir. Il vit arriver sur lui le gros camion bleu.

 

Fredo lâcha l’accélérateur, écrasa la pédale de frein. Trop tard, le véhicule heurtait violemment Antoine et le projetait à plusieurs mètres.

 

Les aiguilles de la pendule marquaient huit heures.

 

Frédo sauta de son camion, se fraya un passage au milieu des choux fleurs qui roulaient de la remorque. Il courut vers Antoine, s’agenouilla prés de lui et lui prit la main.

 

Antoine ouvrit les yeux. Un filet de sang coulait aux commissures de ses lèvres. Dans un gargouillis, il murmura : « Huit heures. Game over. » Sa tête retomba sur le côté.

 

Published by Pascale Blazy
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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 22:01

Cette histoire est écrite sous forme de feuilleton sur Facebook, employant les dix mots proposés cette année pour fêter la langue française. Cinq épisodes à raison de deux mots par jour.

Titre : A chafouin, chafouine et demie !

Semaine de la langue française 2016 - Dis-moi dix mots

Un chat, un rien chafouin*, s'en allait en compagnie d'une damoiselle Chatounette qu'il supposait être une champagnée*.

Pour obtenir ses faveurs, il avait fait les yeux doux et ronronné à qui mieux mieux. Maintenant, il attendait qu'elle lui présentât ses connaissances et c'est pour cela qu'il la suivait à cette prestigieuse soirée. Elle était invitée.

Il soupirait. Que ne fallait-il pas faire ! La damoislle était sans charme et sans beauté, mais qu'importe, l'on s'entendait à dire qu'elle était une grande champagnée.

Soudain, voilà qu'il se mit à dracher* ! A dracher bien comme il faut. Notre coquette s'abrita sous un balcon, tandis que, jouant les téméraires, le chat un rien chafouin, s'en alla battre le pavé à la recherche d'un dépanneur* qui dans son bric-à-brac aurait un parapluie.

Semaine de la langue française 2016 - Dis-moi dix mots

Hélas, il s'en revint bredouille auprès de la damoiselle.

Elle n'était plus seule, il en fut bien marri, d'autant qu'elle riait à gorge déployée aux fanfaronnades d'un minet de quartier au poil terne et ébouriffé.

Pour comble, elle accepta de le suivre dans une masure déglinguée où des fadas* swinguaient aux accents d'une mélodie endiablée, éclairés par des lumerottes* taillées dans des citrouilles.

Après avoir dansé toute la nuit sous l’œil dubitatif du chat un rien chafouin, damoiselle Chatounette salua la compagnie.

Les premières lueurs du jour les cueillirent au sortir de la masure.

Foin de poudrerie* ! Ils emmanchèrent bravement la rue pour remonter jusqu'à un bistrot qui venait d'ouvrir. Ils s'y engouffrèrent dans l'espoir de se réchauffer en sirotant un ristrette*.

Pas de chance, le percolateur était en panne et le cafetier leur servit un immonde jus de chaussettes.

Semaine de la langue française 2016 - Dis-moi dix mots

Un peu revigoré malgré tout, le chat un rien chafouin s'attendait à poursuivre l'aventure aux côtés de damoiselle Chatounette. Il espérait tant des rencontres qu'il allait faire en sa compagnie.

Supputant que le matou manquait furieusement de fantaisie et d'envergure et qu'il ne la mènerait pas au panthéon des stars, la damoiselle bâilla, s'étira et décida de rentrer.

Alors, le doute le saisit : Chatounette était-elle une champagnée ou s'était-elle jouée de lui ? Après tout, il s'était contenté d'écouter la rumeur...

A peine eurent-il mis le nez dehors qu'un tap-tap* vrombissant surgit. La damoiselle lui fit signe. Le véhicule ralentit, laissant la belle sauter à bord, avant de repartir en bringuebalant.

Resté sur le trottoir, bousculé par le vent, glacé par la neige, le chat, encore bien vigousse*, s'en retourna chez lui.

Tristement, il dit adieu à ses beaux projets de célébrité. Cette damoiselle Chatounette n'était assurément pas une champagnée, mais bien plus chafouine que lui...

Les mots proposés pour cette semaine de la langue française :

- chafouin : nom : personne qui a une mine sournoise, rusée.

adjectif : rusé, sournois. (France)

- champagné : nom : personne d'influence aux nombreuses relations. (Congo)

- dépanneur : nom : petit commerce aux heures d'ouverture étendues où l'on vend des aliments et une gamme d'articles de consommation courante. (Québec)

- dracher : verbe: il drache, il tombe une pluie battante, il pleut à verse. (Belgique)

- fada : nom : simple d'esprit, un fou

adjectif : un peu fou, cinglé. (France)

- lumerotte : nom : source de lumière de faible intensité. Légume évidé et percé de petites ouvertures dans lequel on place une source lumineuse. (Belgique)

- poudrerie : nom : neige poussée par le vent pendant qu'elle tombe. Neige déjà au sol qui est soulevée et poussée sous l'effet du vent. (Québec)

- ristrette : nom : petit café très fort, fait à la vapeur au percolateur. (Suisse)

- tap-tap : nom : camionnette servant au transport en commun dont la carrosserie s'orne de peintures naïves. (Haïti)

- vigousse : adjectif : vigoureux, vif, plein de vie, alerte. (Suisse)

Published by Pascale Blazy
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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 21:03
Clarisse et "L’Épopée de Gilgamseh"

Accueillie pour la quatrième fois à "Auteurs en scène" par la sympathique équipe de la Médiathèque de Saint-Germain-Laprade, je décidais, pour ce dimanche 6 décembre 2015, de parler de cette chère Clarisse, personnage récurent de mes romans.

Je rapporte ici, en raccourci, mon propos.

Clarisse est bibliothécaire à Manadieu, village imaginaire de Haute-Loire. Amoureuse des années 20 - 30, elle s'habille et décore son intérieur en s'inspirant de cette époque.

Son ami, Armand, pharmacien botaniste reconnu, aux allures de dandy, cultive son jardin médiéval et l'accompagne dans ses enquêtes.

Ils sont amis d'enfance.

Dans mon premier roman "Champagne, caviar et meilleurs vœux", Clarisse enquête sur un meurtre et permet aux lecteurs de découvrir la légende de saint Georges évangélisateur du Velay, porteur d'un bâton miraculeux. Ce bâton est-il le mobile du crime ? Une mystérieuse confrérie de Saint-Georges, inventée pour l'occasion, le recherche activement...

Bibliothécaire non stop, je ne peux pas m'empêcher de faire de la médiation et c'est donc tout naturellement que je me suis lancée le défi de faire connaître "L’Épopée de Gilgamesh" à mes lecteurs.

Dans "Disparition à Manadieu" un des personnages est un fervent admirateur de la civilisation sumérienne, un bouquiniste, venu tout droit de Cuisery, village du livre, a sur son étal des exemplaires de ce livre et Clarisse reçoit de mystérieux messages extraits de ce texte.

Clarisse et "L’Épopée de Gilgamseh"

"L’Épopée de Gilgamesh" est omniprésente dans la troisième aventure de Clarisse : "Rendez-vous manqués..." où un fou a kidnappé la bibliothécaire, justement celui qui lui envoyait anonymement des messages recopiant les vers de ce texte.

Qu'est donc que "L'Épopée de Gilgamesh" ?

C'est, jusqu'à présent, le plus ancien écrit de fiction que l'on ait découvert gravé sur des tablettes d'argile en écriture cunéiforme (au départ inventée pour des besoins économiques).

Gilgamesh, le héros de cette histoire, aurait réellement régné sur la cité mésopotamienne d'Uruk aux environs de 2750 avant JC (Irak).

En 1844, un voyageur anglais découvre les ruines du palais de Ninive et de ce fait, ce qui reste des bibliothèques du dernier roi assyrien Assurbanipal (668-627 avant JC). Plus de 25 000 tablettes furent expédiées par bateau au British Museum.

En 1857, le cunéiforme fut officiellement déchiffré et les érudits découvrirent que le texte était en akkadien, une ancienne langue sémitique apparentée à l'hébreu et à l'arabe.
Il fallut attendre 1872 pour qu'un conservateur du British Museum prenne conscience que l'un des fragments racontait l'histoire d'un Noé babylonien qui avait survécu au déluge envoyé par les dieux.

Clarisse et "L’Épopée de Gilgamseh"

On suppose que des légendes de Gilgamesh commencèrent à circuler après la mort du roi historique.

Gilgamesh est un roi qui a toute puissance.

"Après que Gilgamesh eut été crée par les grands dieux

Shamash lui accorda la beauté

et Adad la vaillance.

Pour deux tiers il est dieu

pour un tiers il est homme.

Il est semblable à un taureau sauvage

sa force est incomparable

ses armes sont invincibles."

Le dieu Arourou va pétrir l'argile (référence à la Genèse) et créer un rival à Gilgamesh.

"Son corps est couvert de poils

sa chevelure est celle d'une femme

les touffes de ses cheveux

poussent comme des épis de blé."

Enkidou est ce rival, il vit parmi les animaux sauvages.

Une courtisane l'amènera parmi les hommes dans la cité d'Uruk où il sera admiré par la population.

Gilgamesh, par crainte de perdre son prestige, affrontera Enkidou.

De force égale, ils n'arriveront pas à se départager, alors ils deviendront amis et accompliront des exploits à l'instar des héros antiques.

Enkidou malade mourra.

Effondré par le décès de son compagnon, Gilgamesh va réaliser que lui aussi est mortel.

Alors commencera pour lui une longue quête.

"Après les rituels funéraires

Gilgamseh s'en va errer

à travers les plaines, les monts et les vallées

pour un long voyage

vers son aïeul Outa-Napishtim

le seul survivant du déluge

qui a pu recevoir des dieux la récompense de l'immortalité,

afin de découvrir auprès de lui le secret de la vie éternelle."

Gilgamesh parviendra-t-il à devenir immortel ?

J'espère vous avoir donné l'envie de le découvrir.

C'est une magnifique histoire, en vers.

Les extraits en italique sont issus de "L'Epopée de Gilgamesh" traduit par Abed Azrié - éditions Berg international. C'est cet ouvrage qui m'a accompagné tout au long de l'écriture de ces deux romans.

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 21:22
Soleil aux olives et mozzarella

Encore une recette qui pourrait figurer dans une aventure de Clarisse et qui y figurera sans doute un jour.

Pour réaliser ce soleil, il faut : 2 pâtes feuilletées - des olives vertes et noires - de la mozzarella - des herbes de Provence - du thym - un œuf pour dorer.

Sur la première pâte, disposez la mozzarella coupée en fines lamelles, les olives hachées menu, le thym et les herbes.

Recouvrez avec la seconde pâte que vous aurez soin de souder avec un peu d'eau.

Au centre, placez un verre pour marquer le disque solaire. Coupez les rayons du soleil en 24 lanières que vous torsaderez. Dorez à l’œuf et enfournez une vingtaine de minutes.

Bon appétit !

Sur Facebook, pour les fêtes, une version sapin de Noël a circulé.

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 21:12
Rendez-vous manqués... Extrait

Armand était rentré tard, harassé par cette journée au programme chargé. En plus de ses interventions, il avait été harcelé tant par un public intéressé qui osait de multiples questions, que par la trésorière de l'association organisatrice de cette fête des plantes qui le poursuivait de ses assiduités.

Ce matin, il s'était levé tôt. Après un moment passé au jardin pour repiquer les plants achetés la veille - il avait trouvé une variété ancienne de fèves qu'il convoitait depuis longtemps - il s'était mis à la préparation du repas. Clarisse était son invitée.

Il avait rapporté quelques spécialités de son voyage en Dordogne qu'il comptait accompagner d'une salade verte et de pommes de terre au four.

A midi moins le quart, la table était mise dans la cuisine, le temps plutôt maussade ne permettant pas de manger au jardin. Le retard de Clarisse l'étonnait, habituellement elle arrivait vers 11 h, bourdonnait autour de lui tandis qu'il cuisinait. Généralement au bout d'un quart d'heure, lassée de ne pas avoir de réponses à ses questions, elle filait au salon lire ou regarder la télévision, elle ne revenait vers lui que lorsqu'il la sollicitait. C'était une sorte de rituel, voilà pourquoi il s'étonnait de son absence...

... Clarisse ouvrit les yeux. L'obscurité était totale, à tel point qu'elle se demanda si elle n'était pas aveugle.

Un goût curieux, sans doute occasionné par le tampon de chloroforme qu'on lui avait appliqué sur le visage, emplissait sa bouche pâteuse.

Une douleur lancinante lui vrillait les tempes et l'empêchait de réfléchir. Elle éprouvait une certaine difficulté à rassembler ses idées.

Elle se redressa et s'assit sur ce qui lui parut, au toucher, être une sorte de lit de camp en toile grossière.

André l'avait déposée devant chez elle, elle avait ouvert le portail, remonté l'allée jusqu'à la porte, mis la clef dans la serrure et... le trou noir. Elle se souvenait d'une main qui s'appliquait sur son visage, d'une odeur forte qui envahissait ses narines et d'un bras décidé qui la maintenait contre un corps ferme. Elle n'avait pas eu le temps de réagir pour contrer la manœuvre de cet adversaire. Tout était allé très vite, elle avait perdu connaissance.

La tête lui tournait, une vague nausée lui chavirait l'estomac. Elle mit d'abord cette indisposition sur le compte du chloroforme, puis elle s'interrogea sur la durée de sa captivité., se pouvait-il que la faim soit à l'origine de ce malaise ?

Une tentative pour se mettre debout accentua le vertige. Elle décida donc de s'allonger sur le dos. Ses yeux grands ouverts cherchaient un point fixe auquel s'accrocher. Un infime filet de lumière filtrait au ras du plafond bas de la pièce, sans doute par le haut d'un soupirail.......

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 20:30
Fête du Livre de Saint-Etienne - 16, 17 et 18 Octobre

Un week-end de rêve, riche de belles rencontres.

Fête du Livre de Saint-Etienne - 16, 17 et 18 Octobre

Débat très enrichissant avec un public attentif qui a posé des questions intéressantes.

Très bon moment, échange fructueux.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 20:26
Saint-Chély d'Apcher - 20 Août 2015

Excellent souvenir de cette matinée passée chez un vrai libraire.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 20:11
Tarte aux roses

Je vois que vous êtes intrigué (e)...

Vous retrouverez peut-être cette tarte dans une prochaine aventure de Clarisse, pourquoi pas ?

Je ne sais pas encore si elle sera sur sa table ou sur celle d'Armand.

En attendant, je vais vous conter son histoire.

J'ai vu circuler sur Facebook cette belle pâtisserie où les pommes sont roulées en forme de roses et je me suis mise au défi de faire la même.

Après trois tentatives, j'ai réussi !

Je prends une pâte feuilleté toute prête que je place dans le moule, puis j'y râpe finement des pommes Golden.

Sur les recettes que j'ai trouvées, il est conseillé de mettre de la compote, je vous laisse libre de votre choix, de même si vous voulez fabriquer votre pâte.

Ensuite, j'utilise des pommes Pink Lady que je coupe en rond à l'aide d'un économe très tranchant et pour finir je façonne les fleurs.

30 minutes au four à 200°.

Et voilà de quoi épater la galerie...

Toute l'astuce réside dans la découpe des pommes, il faut être patient (e).

Bon appétit !

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 20:31

Il y avait longtemps... bien longtemps que je ne m'étais pas plongée dans le fabuleux monde du conte.

Bien sûr, je n'avais pas complètement fermé la porte, peut-on couper les ponts avec cet univers lorsque l'on travaille en médiathèque et que l'on accueille des groupe d'enfants ?

Non, bien entendu.

Ce sont les activités péri-éducatives, les TAP, qui m'ont remis le pied à l'étrier.

C'est avec grand plaisir que j'ai repris les histoires de notre région, collectées par Henri Pourrat et Ulysse Rouchon, pour animer cette veillée à la médiathèque.

Moment magique de partage et d'échange.

Je renoue avec le conte...
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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 20:29
Joli mois de Mai

Pour fêter ce joli mois de Mai qui commence, je vous offre une nouvelle écrite à cette occasion.

J'espère que vous aurez plaisir à la lire.

"Le premier Mai... le dernier"

Ils sont tous venus, comme d'habitude, pour me voir, moi la vieille tante Lisbeth.

Comme ils sont attendrissants, ils ne se doutent de rien...

C'est ce cher Arnold qui a eu l'idée de ce repas du 1er Mai, tous réunis pour ce long week-end .

La campagne, quel bonheur pour tout ce petit monde !

Arnold, mon frère, est arrivé la veille avec son épouse, l'acide Marjorie. Toujours les premiers à venir me caresser dans le sens du poil. Arnold se voit déjà propriétaire de ma maison, celle que m'a laissée Papa, maison de ma famille. C'est mon arrière grand-père maternel qui l'a fait construire au milieu de nulle part, le parc est venu ensuite avec les haies et le portail.

Quand je dis mon frère, Arnold n'est que mon demi-frère. Quelques années après le décès de Maman, Papa s'est remarié avec Gladys, la mère d'Arnold. Belle Gladys, qui cavalait de régime en régime jusqu'au moment où... une curieuse histoire. Foudroyée par une décoction de plantes de sa composition qui devait lui assurer une ligne de jeune fille.

Papa a alors cessé de s'intéresser à le gente féminine pour couler des jours paisibles dans cette maison, me laissant peu à peu « le manche de la fabrique » comme il disait.

La fabrique devenue une importante usine agroalimentaire où j'ai longtemps fait la pluie et le beau temps avant de confier les responsabilités au jeune William, mon directeur.

Arnold n'a jamais compris pourquoi Papa l'avait mis sur une voie de garage, un cabinet d'avocat dans une petite ville tranquille où il traite « des affaires de voisinage et de chiens écrasés », dixit Papa. S'il savait que son père le surnommait « le médiocre »...

Arnold attend ma mort pour récupérer la totalité de mon empire. Marjorie ravale sa bave et me sourit, mais je sais bien qu'elle me déteste.

Regardez-la battre des cils, pencher la tête, parfaite petite bourgeoise dans sa robe de soirée étriquée. C'est elle qui a décrété que, pour ce souper, nous devions nous habiller ; l'occasion pour elle de faire briller à son cou le collier de diamants que mon père avait offert à sa belle-mère.

Voyez-la donc, maman poule, gloussant avec ses poussins, arrivés en toute fin d'après-midi, parce qu'ici ils s'ennuient mortellement (je les ai entendus le dire).

Edouard, mon neveu, jeune coq, qui se dandine dans son costume trois pièces, gêné aux entournures, mais impeccable. Déjà, tout bambin, il avait le don de m'agacer avec son air de premier de la classe et avec son tic, il clignait des yeux plus que nécessaire en hochant la tête et me donnait du « ma tante » assorti de bises baveuses. Je remarque qu'il n'a pas perdu ses habitudes en même temps que ses culottes courtes. Cette année, il a amené sa fiancée, une longe jeune femme falote qui le suit partout silencieusement, une parfaite dinde, dommage pour elle, elle n'avait qu'à pas venir.

Ma nièce, Chloé, petite boulotte, on espérait qu'à la puberté ses kilos la quitteraient, espoir déçu. Saucissonnée dans une robe en strass, sans poches, elle est malheureuse car elle ne sait pas où ranger ses bonbons. Depuis son plus jeune âge, accroc au sucre, elle se gave. Elle minaude auprès de moi et dépose sur ma joue un baiser collant.

Une rivalité congénitale oppose le frère et la sœur, chacun me fait sa cour, à sa façon. J'ai pris le pli de leur donner une enveloppe avec un chèque d'une somme ridicule, ils se consolent en disant que c'est un acompte sur l'héritage.

Nous voici donc autour de la table pour ce rituel souper de 1er Mai. Chacun sa place.

Je préside, normal, je suis la maîtresse de maison. A ma droite Arnold et sa fille, à ma gauche Marjorie , son fils et sa belle dont je n'ai pas retenu le prénom... qu'importe !

Mes domestiques sont en congés pour tout le week-end, c'est donc moi qui ai préparé le repas et qui vais assurer le service. Marjorie s'en est dédouanée : la traditionnelle braderie au village où elle se pavane au bras de son avocat de mari, futur patron de l'usine.

C'est ainsi chaque année, je cuisine et je sers, ils consentent à s'occuper de la vaisselle, enfin, à la ranger dans la machine à laver. C'est Marjorie qui s’acquitte de cette tâche, à merveille du reste, les mains protégées par ses gants en caoutchouc.

Je les regarde manger silencieusement mon potage aux herbes. Ils ont eu de la chance, j'avais prévu une soupe du 1er Mai. Vous n'avez pas compris ? Au muguet, tout le monde sait que cette fleur est toxique, pas vous ?... Je ne vous ai rien dit.

Puis, je me suis ravisée. A quoi bon n’impliquer alors que je pouvais faire porter le chapeau à Marjorie, cette chère Marjorie. Chaque année, elle apporte un croustillant feuilleté aux morilles, fabrication « exclusive » de son traiteur. « Aux morilles » insiste-t-elle en gloussant, la bouche en cul de poule. Je n'en mange jamais, je déteste les champignons, presque autant que Marjorie. Bref, l'idée m'est venue de soulever le couvercle de ce feuilleté, de saupoudrer la préparation de morilles à la crème avec une poudre de ma composition, trois fois rien, quelques amanites phalloïdes que j'avais fait sécher et broyées.

Comme ils se régalent, cela fait plaisir à voir !

Marjorie me décoche un regard assassin, je suis la seule à ne pas goûter cette merveille.

Un fugace instant, j'ai pitié d'eux, je suis à deux doigts de leur dire...

Non. Je dois aller au bout : quand le vin est tiré, il faut boire la coupe jusqu'à la lie. Allons donc.

Pour être dans le ton, je prétexterai, moi aussi, une légère indisposition, juste histoire de ne pas leur mettre la puce à l'oreille.

Marjorie s'applique à ne pas laisser une seule miette, Arnold fait de même, tandis que la dinde d'Edouard picore les champignons et glisse la pâte dorée dans l'assiette de mon neveu. Quant à Chloé, il y a belle lurette qu'elle a tout englouti et liquidé son verre de vin.

Je m'enfuis à la cuisine, ma joie est trop forte.

A l'abri des regards, je jubile.

J'enchaîne le rôti de bœuf avec ses haricots verts, le plateau de fromage et la tarte aux fraises.

Au café, Marjorie a pâli, elle ne dit rien, mais je sens que les champignons commencent à produire leur effet. Arnold sort fumer un cigare. Edouard et sa compagne montent se coucher sous les plaisanteries coquines de Chloé qui, le nez enfoui dans un sachet, s'empiffre de sucreries.

Je débarrasse la table et du coin de l’œil je les observe, c'est la dernière fois que je les vois vivants.

Bientôt, j'annonce que je suis fatiguée, un peu barbouillée, sans doute avons-nous trop mangé. Ils sont tous de mon avis et nous nous retirons dans nos chambres.

La longue nuit commence.

Curieusement, je me remémore avec quelle insouciance j'avais jeté ce brin de ciguë dans la décoction de cette pauvre Gladys, il avait suffi de soulever le couvercle et hop ! Petit rameau insignifiant perdu parmi les plantes de ce breuvage miraculeux, élixir de jouvence, de jeunesse éternelle.

Ce soir encore, cela avait été tellement facile. Quelques pincées de poudre seulement avaient été nécessaires. Je suis prête à affronter la suite : l'enquête, l'enterrement, tout. Personne n'ira jamais penser que... à moins que vous... Non, n'est-ce pas ? Je compte sur votre discrétion.

Published by Pascale Blazy
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